Visible et mobile, mon corps est au nombre des choses, il est  l’une d’elles, il est pris dans le tissu du monde et sa cohésion est celle d’une chose. Mais puisqu’il voit et se meut, il tient les choses en cercle autour de soi, elles sont une annexe ou un prolongement de lui-même, elles sont incrustées dans sa chair, elles font partie de sa définition pleine et le monde est fait de l’étoffe même du corps.

M. Merleau-Ponty, L’Œil et l’Esprit, Paris, Gallimard, 1964, p. 19